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LMNP expatrié et non-résident : le guide complet 2026

Deux expatriés, le même studio à Nantes, le même loyer de 14 400 € par an. Le premier vit à Berlin et paie 7,5 % de prélèvements sociaux. Le second vit à Dubaï et paie 18,6 % depuis la LFSS 2026. Onze points d’écart sur des situations patrimoniales identiques. Le pays de résidence ne décide donc pas seul : c’est le régime de sécurité sociale d’affiliation qui tranche.

Le statut de loueur en meublé reste ouvert quand on quitte la France. Ni la nationalité ni le domicile fiscal ne le referment, et le cadre général du LMNP non résident fiscal pose les règles communes. L’expatriation ajoute par-dessus quatre couches spécifiques : un plancher d’imposition, un taux social variable, un test LMP réécrit en 2026 et une revente nettement plus contrainte.

L’écart entre une situation pilotée et une situation subie se chiffre couramment entre 1 000 et 3 000 € par an sur un seul bien. Les leviers sont pourtant connus. Trois d’entre eux se perdent simplement faute d’une case cochée au bon endroit du bon formulaire.

Taux minimum d’imposition
20 %
Jusqu’à 29 579 € de revenu net, 30 % au-delà.
Écart de prélèvements sociaux
11,1 pts
7,5 % si vous cotisez en Europe, 18,6 % ailleurs.
Seuil de bascule en LMP
23 000
Seuil inchangé, mode de calcul réécrit en 2026.
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Ce que l’expatriation change dans le calcul de l’impôt

Deux mécanismes se superposent sur les loyers d’un meublé français : l’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux. Le premier obéit à une règle de plancher que les résidents ne connaissent pas. Le second dépend d’un critère qui n’a rien de fiscal.

Le statut ne dépend pas de votre lieu de résidence

Le LMNP est ouvert à toute personne physique qui loue un logement meublé situé en France. Aucun texte ne conditionne l’accès au statut à une adresse française. Un salarié installé à Singapour, un retraité au Portugal ou un consultant à Montréal relèvent des mêmes articles du Code général des impôts que leur voisin resté à Lyon.

Le logement doit rester conforme au décret du 31 juillet 2015, qui fixe la liste du mobilier minimal. En revanche, la territorialité ne se négocie pas : les revenus d’un immeuble situé en France sont imposables en France, quelle que soit la convention fiscale applicable. Toutes les conventions signées par la France reprennent ce principe, hérité du modèle OCDE.

Le taux minimum de 20 % remplace votre tranche marginale

L’article 197 A du CGI impose un plancher aux non-résidents. Pour les revenus perçus en 2025, il s’établit à 20 % jusqu’à 29 579 € de revenu net imposable, puis à 30 % au-delà. Un expatrié dont le bénéfice LMNP atteint 6 000 € paie donc 1 200 €, là où un résident non imposable aurait payé zéro.

Ce plancher n’est pas définitif. L’option pour le taux moyen permet de déclarer l’ensemble des revenus mondiaux, case 8TM, avec le formulaire 2047 et les justificatifs étrangers. L’administration recalcule alors le taux qui s’appliquerait à un résident dans la même situation. Si ce taux descend à 13 %, il remplace les 20 %. L’option se demande chaque année, sans reconduction automatique.

À retenir
Un meublé situé en Guadeloupe, Martinique, Guyane, à La Réunion ou à Mayotte relève d’un plancher réduit : 14,4 % jusqu’à 29 579 €, puis 20 % au-delà. L’écart atteint 5,6 points sur la première tranche, et presque aucun guide destiné aux expatriés ne le mentionne.

Prélèvements sociaux : 7,5 % ou 18,6 % selon où vous cotisez

C’est le poste où les montants divergent le plus fortement d’un expatrié à l’autre. Le critère retenu n’est ni la nationalité ni le pays de résidence fiscale, mais le régime obligatoire d’assurance maladie auquel vous êtes affilié.

L’exonération de CSG et de CRDS pour les affiliés européens

Depuis la jurisprudence de Ruyter, transposée par la LFSS 2019, les personnes affiliées à un régime obligatoire d’un État de l’Union, de l’Espace économique européen, de la Suisse ou du Royaume-Uni échappent à la CSG et à la CRDS sur leurs revenus du patrimoine français. Seul le prélèvement de solidarité de 7,5 % subsiste, et il n’a pas bougé en 2026.

Le Brexit n’a rien changé pour les résidents britanniques : la doctrine maintient l’exonération pour les affiliés au NHS. Une condition reste toutefois cumulative. Il faut être affilié à l’étranger et ne pas être à la charge d’un régime français. Conservez le formulaire A1, le S1 ou une attestation d’affiliation, seuls justificatifs acceptés en cas de contrôle.

Situation d’affiliation CSG + CRDS Solidarité Total sur bénéfice LMNP
Régime UE, EEE, Suisse ou Royaume-Uni exonéré 7,5 % 7,5 %
Régime hors de cette zone 11,1 % 7,5 % 18,6 %
Résident fiscal français 11,1 % 7,5 % 18,6 %
Écart annuel sur 10 000 € de bénéfice 1 110 €

La hausse de 2026 frappe les affiliés du reste du monde

La loi de financement de la Sécurité sociale n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 a porté la CSG sur les revenus du patrimoine de 9,2 % à 10,6 %. Les bénéfices de location meublée non professionnelle relèvent de l’article L. 136-6 du code de la Sécurité sociale, donc de cette catégorie. Le total passe ainsi de 17,2 % à 18,6 %.

La location nue conserve 17,2 %, tout comme les plus-values immobilières, expressément écartées de la hausse. Pour un expatrié affilié à Dubaï, à Singapour ou aux États-Unis, la facture sociale augmente donc de 1,4 point sur les seuls loyers meublés. Le détail du mécanisme figure sur notre page dédiée aux prélèvements sociaux LMNP à 18,6 %.

Erreur fréquente
L’exonération de CSG-CRDS n’est jamais appliquée d’office. Il faut cocher les cases 8SH et, pour le second déclarant, 8SI dans la rubrique 8 « Divers » de la 2042 C. Sans cette case, l’administration applique le taux plein. Sur 12 000 € de bénéfice, l’oubli coûte 1 332 € par an, réclamables ensuite par réclamation contentieuse.

Une fois le bon taux social identifié, tout se joue sur la base imposable. Pour la réduire proprement, le plan d’amortissement automatisé d’Indy ↗ ventile le bien par composants et sort la liasse sans intervention manuelle.

Le pays qui vous soigne pèse plus lourd, fiscalement, que le pays qui vous héberge.

La réforme du statut LMP, article 53 de la loi de finances 2026

C’est la nouveauté structurante de l’année pour les bailleurs installés à l’étranger. Elle corrige une anomalie qui faisait basculer des expatriés en professionnel sans qu’aucun élément économique n’ait changé dans leur situation.

Les revenus professionnels étrangers entrent enfin dans le calcul

Le passage en LMP suppose deux conditions cumulatives de l’article 155 IV du CGI : plus de 23 000 € de recettes meublées et des recettes supérieures aux autres revenus d’activité du foyer. Jusqu’en 2025, seuls les revenus imposables en France entraient dans la comparaison. Un expatrié sans revenu français voyait donc ses autres revenus comptés pour zéro.

Résultat mécanique : un cadre gagnant 80 000 € à Bruxelles devenait professionnel dès 23 001 € de loyers. La Commission européenne y a vu une atteinte à la libre circulation des capitaux et mis la France en demeure. La loi de finances n° 2026-103 du 19 février 2026 a donc modifié le texte. Les revenus d’activité imposés à l’étranger à un impôt équivalent à l’impôt sur le revenu comptent désormais, et le choix entre LMNP et LMP redevient cohérent.

Dubaï, Monaco et les pays sans impôt équivalent restent exposés

La condition tient en trois mots : impôt réellement équivalent. Un salaire versé aux Émirats arabes unis, non soumis à l’impôt sur le revenu, ne rentre pas dans la comparaison. Un revenu exonéré dans l’État de résidence non plus. Ces profils continuent donc de basculer en LMP dès 23 000 € de recettes annuelles.

Les conséquences ne sont pas neutres. Le LMP entraîne l’affiliation à la sécurité sociale des indépendants, avec des cotisations de l’ordre de 35 à 40 % du bénéfice au lieu de 18,6 % de prélèvements sociaux. En contrepartie, il ouvre l’imputation du déficit sur le revenu global et l’exonération de plus-value de l’article 151 septies.

Attention
La réforme n’est pas favorable à tout le monde. Elle protège les actifs dont les revenus étrangers sont taxés localement. Elle ne change rien pour les expatriés en fiscalité nulle ou forfaitaire, ni pour ceux dont les revenus étrangers sont modestes. Ces deux profils gardent un risque de requalification à surveiller chaque année.

Micro-BIC ou réel : le calcul change quand le plancher est à 20 %

Un résident faiblement imposé peut rationnellement rester au micro-BIC. Un non-résident, non. Le plancher de 20 % s’applique dès le premier euro de bénéfice, ce qui rend l’écart entre les deux régimes bien plus marqué qu’en France.

L’amortissement neutralise le taux minimum

Le régime réel autorise la déduction des charges effectives et de l’amortissement LMNP du bâti, du mobilier et des travaux. Le terrain reste exclu, à hauteur de 10 à 20 % du prix selon la localisation. Sur un bien de 240 000 €, la charge annuelle non décaissée atteint couramment 8 000 €.

Le plancher de 20 % porte sur le bénéfice, jamais sur les loyers bruts. Autrement dit, un résultat ramené à 2 000 € ne coûte que 400 € d’impôt. Prenons un studio acheté 240 000 € frais inclus, loué 14 400 € par an, détenu par un expatrié affilié en Allemagne.

Poste Micro-BIC Régime réel
Loyers encaissés 14 400 € 14 400 €
Abattement 50 % ou charges réelles – 7 200 € – 4 200 €
Amortissement bâti et mobilier 0 € – 8 200 €
Base imposable 7 200 € 2 000 €
Impôt au taux minimum de 20 % 1 440 € 400 €
Prélèvements sociaux à 7,5 % 540 € 150 €
Reste à payer chaque année 1 980 € 550 €

Les deux cas où le micro-BIC garde du sens

Le premier cas concerne les biens sans emprunt, à faible valeur et à charges réduites. En dessous de 7 000 € de loyers annuels, la comptabilité au réel coûte parfois plus cher que l’économie qu’elle produit. Le second cas est stratégique : le micro-BIC échappe à la réintégration des amortissements à la revente, puisqu’aucun amortissement n’a été pratiqué.

Attention aux seuils, réécrits par la loi Le Meur du 19 novembre 2024. La location de longue durée et le meublé de tourisme classé restent à 77 700 € de recettes avec 50 % d’abattement, plafond porté à 83 600 € pour les revenus 2026. Le meublé de tourisme non classé tombe en revanche à 15 000 € et 30 % d’abattement.

Immatriculation, déclaration et CFE depuis l’étranger

Aucune démarche n’exige de venir en France, mais le parcours comporte deux points de friction propres aux non-résidents. L’un tient à l’identification numérique, l’autre à la répartition des services compétents.

Le SIRET par le guichet unique, sans numéro de sécurité sociale français

La déclaration de début d’activité passe exclusivement par le guichet unique de l’INPI, dans un délai de 15 jours après la première mise en location. L’INSEE attribue ensuite le SIREN et le SIRET, généralement sous une à quatre semaines. L’ancien formulaire P0i papier n’est plus recevable depuis 2023.

Le blocage classique survient à l’étape d’identification : le portail attend un numéro de sécurité sociale français que beaucoup d’expatriés n’ont plus ou n’ont jamais eu. Une procédure de substitution existe auprès de l’assistance du guichet, sur pièces justificatives. Notre guide pour obtenir un numéro SIRET détaille la séquence complète.

Le SIPNR pour l’impôt, le service des entreprises de la commune pour la CFE

Les revenus se déclarent au Service des impôts des particuliers non-résidents, à Noisy-le-Grand, par télédéclaration obligatoire. Au réel, la liasse 2031 et ses annexes 2033 partent avant le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai, le résultat étant reporté sur la 2042 C Pro. Un départ ou un retour en cours d’année déclenche en plus la 2042 NR.

La CFE échappe pourtant à ce circuit. Elle relève du service des impôts des entreprises de la commune où se situe le bien, qui adresse le formulaire 1447-C-SD entre novembre et janvier de la première année. Elle devient due à partir de la deuxième année, avec exonération en dessous de 5 000 € de recettes annuelles. Ce courrier reste la source d’oubli la plus fréquente chez les expatriés.

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La revente, vrai point de bascule du LMNP expatrié

Une détention confortable peut se terminer par une addition salée. Deux règles se cumulent à la sortie, et l’une d’elles s’applique désormais rétroactivement aux amortissements pratiqués depuis l’origine.

Les amortissements reviennent dans la plus-value depuis février 2025

L’article 84 de la loi de finances n° 2025-127 du 14 février 2025 a modifié l’article 150 VB II du CGI. Les amortissements déduits pendant la détention viennent minorer le prix d’acquisition retenu pour le calcul de la plus-value. La mesure vise toutes les cessions réalisées à compter du 15 février 2025, sans considération de la date d’achat.

Un bailleur ayant amorti 60 000 € sur dix ans voit donc sa plus-value imposable grimper d’autant. Le taux global reste de 19 % d’impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux, la revente ayant échappé à la hausse de 2026. La surtaxe s’ajoute au-delà de 50 000 € de plus-value nette. Notre analyse de la réintégration des amortissements dans la plus-value chiffre plusieurs scénarios.

Erreur fréquente
Raisonner sur la rentabilité annuelle sans modéliser la sortie. Les abattements pour durée de détention effacent l’impôt sur le revenu à 22 ans et les prélèvements sociaux à 30 ans. Entre 8 et 15 ans de détention, la réintégration des amortissements peut absorber deux à trois années de gain fiscal accumulé.

L’exonération de 150 000 € et le représentant fiscal accrédité

L’article 150 U II 2° du CGI ouvre une exonération réservée aux expatriés, plafonnée à 150 000 € de plus-value nette et utilisable une seule fois. Trois conditions se cumulent : avoir été résident fiscal français pendant au moins deux ans continus, ressortir d’un État de l’EEE ou lié par une convention d’assistance administrative, et vendre au plus tard le 31 décembre de la dixième année suivant le départ.

Second poste à anticiper : l’article 244 bis A impose un représentant fiscal accrédité aux vendeurs établis hors de l’EEE lorsque le prix de cession dépasse 150 000 €. Son coût oscille entre 0,4 et 1 % du prix, soit 1 600 à 3 200 € sur une vente à 320 000 €. Il se négocie avant la signature, jamais devant le notaire.

Outil recommandé
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Noté 4,7/5, environ 30 €/mois, tableau d’amortissement et liasse 2031 inclus. 30 jours offerts.
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Notre avis
4,3/5
Le LMNP reste le meilleur véhicule pour un expatrié, à condition de cocher trois cases.
Le régime réel écrase le plancher de 20 % dans la quasi-totalité des configurations avec emprunt. Les cases 8SH et 8SI divisent la note sociale par 2,5 pour les affiliés européens. La réforme 2026 sécurise enfin le statut des actifs installés dans un pays qui les impose. Le seul angle mort réel se situe à la revente, où la réintégration des amortissements impose de raisonner sur douze ans minimum.
Données 2026 Sources : impots.gouv.fr Cas chiffrés

Questions fréquentes

Que se passe-t-il si je redeviens résident fiscal français ?
L’activité continue sans rupture : même SIRET, même plan d’amortissement, aucune cessation à déclarer. Le plancher de 20 % disparaît et le barème progressif reprend la main, ce qui améliore la situation des foyers à faible tranche marginale. Les prélèvements sociaux passent à 18,6 % si vous bénéficiiez du taux de 7,5 %. En contrepartie, 6,8 points de CSG redeviennent déductibles du revenu imposable de l’année suivante dès lors que les revenus sont imposés au barème.
Mes loyers français seront-ils imposés une seconde fois dans mon pays de résidence ?
La France a signé plus de 120 conventions bilatérales. Toutes attribuent l’imposition des revenus immobiliers à l’État où se situe le bien. Votre pays de résidence peut néanmoins les reprendre dans son assiette, en neutralisant la double imposition par un crédit d’impôt ou par une exemption avec progressivité. La seconde méthode laisse vos loyers français influencer le taux appliqué à vos autres revenus. Vérifiez la rédaction exacte de la convention applicable sur impots.gouv.fr.
La CSG est-elle déductible quand on est non-résident ?
Non, dans la quasi-totalité des cas. La fraction déductible de 6,8 points suppose une imposition au barème progressif, ce que le taux minimum de 20 % écarte par construction. Les expatriés exonérés de CSG ne paient de toute façon que le prélèvement de solidarité, qui n’a jamais été déductible. Seule l’option pour le taux moyen, lorsqu’elle aboutit à une imposition au barème, peut rouvrir ce mécanisme.
Un LMNP non-résident paie-t-il l’IFI sur son bien meublé ?
Oui. Les non-résidents sont redevables de l’IFI sur leurs seuls actifs immobiliers français, dès que leur valeur nette dépasse 1,3 million d’euros au 1er janvier. Le bien loué meublé entre dans l’assiette, contrairement aux biens affectés à une activité professionnelle relevant du LMP sous conditions strictes. La déclaration s’effectue via l’annexe 2042-IFI, au même calendrier. Le plafonnement à 75 % des revenus, lui, reste réservé aux redevables domiciliés en France.
Faut-il un compte bancaire français pour gérer son LMNP depuis l’étranger ?
Aucun texte ne l’impose. En pratique, un compte situé dans la zone SEPA suffit pour encaisser les loyers et pour régler l’impôt par prélèvement, la DGFiP acceptant tout IBAN de cette zone. Hors SEPA, le paiement se fait par virement international, avec des frais et des délais qui compliquent les échéances. Un compte français ou européen reste donc la solution la plus simple, sans être une obligation légale.

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