Aller au contenu

INPI LMNP 2026 : comment réussir son immatriculation du premier coup

Quinze jours. C’est le délai légal pour déclarer une activité de location meublée auprès du guichet unique de l’INPI, à partir du premier loyer encaissé. Passé cette échéance, le statut de loueur en meublé non professionnel n’est juridiquement pas reconnu, et l’option pour le régime réel devient plus complexe à obtenir. La déclaration sur le site de l’INPI a remplacé l’ancien P0i papier depuis le 1er janvier 2023, dans le cadre de la fusion de toutes les formalités d’entreprise sur une plateforme unique.

L’étape est gratuite, dématérialisée, et débouche sur l’attribution d’un numéro SIRET. Elle reste cependant parsemée de choix techniques irrévocables qui orientent durablement la fiscalité de l’activité. Pour bien la situer dans la séquence administrative, autant la lire en parallèle de notre guide général sur la création d’une LMNP, qui couvre l’ensemble des prérequis et des étapes annexes.

Trois zones de friction concentrent l’essentiel des erreurs : le choix du régime fiscal en bas de formulaire, le cas particulier de l’indivision, et la chaîne de courriers du Service des Impôts des Entreprises qui suivent la validation. Le reste se règle en une vingtaine de minutes.

Délai légal
15 jours
À compter du premier loyer encaissé.
Coût d’immatriculation
0
Procédure entièrement gratuite pour un LMNP.
Délai d’attribution SIRET
10 à 15 jours
Quelques jours pour le SIREN, courriers SIE sous 4 semaines.
Recommandation 2026
Indy gère votre déclaration INPI puis votre liasse 2031.
Aide pas à pas pour cocher la bonne case régime fiscal, ventilation auto par composants, support fiscaliste 7j/7. 30 €/mois contre 800 €/an pour un comptable.
Tester 30 jours gratuits →

Lien d’affiliation. Tarifs indiqués sur le site Indy.

Pourquoi tout passe désormais par le guichet unique INPI

Le passage par l’INPI ressemble à une formalité de pure bureaucratie. Pourtant la fusion de 2023 a profondément réorganisé qui parle à qui dans la déclaration d’activité. L’enjeu dépasse le simple remplacement du papier par un formulaire en ligne.

La fin des CFE et du P0i papier

Avant 2023, les bailleurs LMNP envoyaient le formulaire P0i (Cerfa 11921*07) au greffe du tribunal de commerce, parfois doublé du FCMB en cas d’indivision. Depuis le 1er janvier 2023, ces formulaires papier n’existent plus en circuit officiel. La procédure du P0i est intégralement remplacée par la déclaration en ligne sur procedures.inpi.fr, devenu le point d’entrée unique pour toutes les formalités d’entreprise. La fermeture des Centres de Formalités des Entreprises (CFE) accompagne ce mouvement de dématérialisation imposé par la loi PACTE de 2019. L’INPI hérite ainsi d’un rôle de chef d’orchestre administratif que peu de bailleurs avaient anticipé.

Attention
Quinze jours après la mise en location, le défaut d’immatriculation expose à des majorations fiscales de 10 à 80 % sur les loyers non déclarés, à un redressement sur 3 ans, voire à une amende pour défaut de déclaration. La régularisation reste possible mais dégrade la position négociable face au SIE.

Ce qui change concrètement pour le bailleur

Trois changements opérationnels comptent. D’abord, la déclaration s’effectue à 100 % en ligne, idéalement via FranceConnect+ pour bénéficier de la signature électronique avancée. Ensuite, le tableau de bord INPI centralise toutes les démarches futures : ajout d’un bien, modification du régime, cessation. Enfin, l’INPI joue le rôle de hub administratif. Il transmet automatiquement les données à l’INSEE pour le SIRET, au SIE pour le régime fiscal, et à l’URSSAF en cas de bascule en LMP. Un seul dépôt, plusieurs administrations notifiées en parallèle. La création LMNP en ligne devient ainsi le canal exclusif, sans alternative papier ni guichet physique.

Les étapes pour déclarer son LMNP sur l’INPI

La procédure complète prend une vingtaine de minutes pour un dossier simple, à condition d’avoir préparé les justificatifs en amont. Trois étapes structurantes encadrent une vingtaine d’écrans intermédiaires. Plusieurs d’entre eux piègent fréquemment les primo-bailleurs.

Créer un compte FranceConnect+

Le portail e-procédures de l’INPI demande une identification via FranceConnect+, niveau supérieur de FranceConnect classique. Il faut donc disposer d’une identité numérique de La Poste ou d’un dispositif équivalent reconnu par l’État. Cette authentification renforcée permet la signature électronique avancée des dépôts ultérieurs, notamment les modifications, les cessations et le dépôt de comptes annuels. À noter : la fusion d’un compte INPI Connect avec FranceConnect+ est irréversible. Une fois liés, les deux comptes ne se séparent plus, et toute future démarche passera par l’identité FranceConnect+ associée. Mieux vaut donc utiliser dès le départ le bon e-mail et le bon téléphone, ceux que l’on conservera dans la durée.

Sélectionner « déposer une formalité d’entreprise »

Une fois connecté, le tableau de bord propose plusieurs entrées. Il faut cliquer sur « Entreprises » puis « Déposer une formalité d’entreprise » puis « Création d’entreprise ». Le système demande ensuite la forme juridique. Pour un LMNP exploité seul, sélectionner « Entrepreneur individuel ». Pour un bien détenu en indivision, choisir « Exploitation en commun » : ce choix fait basculer le formulaire dans une logique multi-déclarants. Le bouton « Accéder à la formalité » lance la séquence complète. Le brouillon se sauvegarde automatiquement, ce qui permet d’arrêter en cours et de reprendre plus tard depuis le même tableau de bord, sans perdre les écrans déjà remplis.

Étape Détail Durée
1. Compte FranceConnect+ Identité numérique La Poste ou équivalent 10 min
2. Forme juridique Entrepreneur individuel ou exploitation en commun 2 min
3. Activité et adresses Code APE, siège, adresse du bien loué 5 min
4. Régime fiscal et TVA Micro-BIC ou réel, franchise en base 3 min
5. Signature électronique Justificatifs uploadés, dépôt validé 3 min
Total ~25 min

Renseigner activité, adresse et régime fiscal

Le cœur de la déclaration tient sur trois écrans. L’écran « Activité » demande de cocher la nature précise de la location : longue durée, courte durée touristique, résidence avec services. Le code APE associé est généralement 6820A pour la location de logements en longue durée, 5520Z pour la courte durée touristique. L’écran « Adresse » distingue le domicile personnel de l’entrepreneur, qui sert de siège administratif et d’adresse de correspondance, de l’adresse de l’établissement, c’est-à-dire le bien loué. Confondre les deux génère des courriers SIE perdus. L’écran « Régime fiscal » propose de cocher entre micro-BIC et régime réel, et entre franchise en base de TVA, réel simplifié et réel normal. Pour un LMNP classique de longue durée résidentielle, la TVA reste sur « franchise en base », exonération automatique prévue à l’article 261 D 4° du CGI. La sortie de la franchise ne devient pertinente qu’en para-hôtellerie ou en résidence services prestée.

Les choix du formulaire qui piègent

Trois zones de friction concentrent les erreurs les plus chères. Aucune ne saute aux yeux à la lecture du formulaire, et leur correction ultérieure passe systématiquement par une déclaration modificative ou un courrier au SIE.

Régime fiscal : un choix structurant

Le formulaire propose micro-BIC, qui s’applique par défaut, ou réel sur option. Le micro-BIC accorde un abattement forfaitaire de 50 % sur les loyers de longue durée, ramené à 30 % depuis la loi Le Meur du 19 novembre 2024 pour les meublés de tourisme non classés, plafond annuel de 15 000 €. Le régime réel autorise la déduction effective des charges et l’amortissement du bien, mécanique qui efface fiscalement une grande partie des loyers. L’option pour le réel devient avantageuse dès 7 000 € de loyers annuels, parfois moins si le bien a été financé à crédit. Le choix se coche directement dans le formulaire principal d’inscription. Il succède à l’ancienne case du P0i papier où il fallait opter explicitement, sans option par défaut.

Erreur fréquente
Cocher le micro-BIC sans simuler le réel. L’option pour le réel suppose ensuite une déclaration d’option dans les délais légaux, et engage pour 1 an minimum reconductible (article 7 LF 2022). À l’inverse, opter pour le réel dès l’inscription engage aussi pour 1 an minimum. Dans les deux cas, l’erreur de calibrage coûte 1 500 à 3 000 € d’IR par an non récupérables sans contestation.

TVA : franchise en base par défaut

La case TVA piège souvent les bailleurs débutants, qui croient devoir cocher quelque chose. Pour la quasi-totalité des LMNP de longue durée, la franchise en base s’impose. La location de logement meublé d’habitation est exonérée de TVA par l’article 261 D 4° du Code général des impôts. La TVA ne devient pertinente qu’en para-hôtellerie, lorsque trois des quatre prestations associées sont fournies : petit-déjeuner, ménage régulier, fourniture de linge, accueil en personne. Cocher « réel simplifié » ou « réel normal » déclenche une obligation de déclaration TVA trimestrielle qui n’a pas lieu d’être pour 95 % des bailleurs LMNP. La correction ultérieure suppose un courrier au SIE et entraîne plusieurs mois de retraitement.

ACRE, conjoint, CAPE : répondre Non

La fin du formulaire enchaîne plusieurs questions qui ne concernent pas un LMNP classique. L’ACRE, aide aux créateurs et repreneurs d’entreprise, ne s’applique pas à la location meublée. Le contrat d’appui à l’entreprise, ou CAPE, reste un dispositif d’incubation sans objet ici. La case « conjoint collaborateur » ne se coche que si le conjoint travaille activement à l’exploitation, ce qui sort du périmètre LMNP en nom propre. Cocher Oui à l’une de ces cases par erreur déclenche un traitement administratif parallèle (URSSAF, micro-social) qu’il faudra ensuite démêler. La consigne sûre : Non par défaut, sauf situation explicitement établie en amont avec un conseil patrimonial.

Pour vérifier dans quel régime fiscal cocher avant de finaliser, le simulateur intégré d’Indy ↗ compare micro-BIC et réel sur votre cas concret en moins de 2 minutes.

L’indivision : le cas où il faut redoubler de vigilance

Près d’un LMNP sur trois est détenu en indivision : couples non mariés, fratries héritières, achats à plusieurs. Le formulaire INPI traite ce cas, mais avec des subtilités qui font régulièrement bugger l’interface. Il porte aussi une conséquence fiscale que peu de bailleurs anticipent.

« Exploitation en commun » et non « Entrepreneur individuel »

La forme juridique à choisir pour une indivision est « Exploitation en commun », pas « Entrepreneur individuel ». Cette case déclenche une logique multi-déclarants : l’INPI demande d’ajouter chaque indivisaire via « Ajouter un représentant » en sélectionnant le rôle « Co-indivisaire ». Chaque indivisaire doit créer son propre compte FranceConnect+ et signer la formalité. Le SIREN attribué est celui de l’indivision, distinct des éventuels SIREN individuels que les indivisaires possèdent déjà pour d’autres activités. À l’inverse, un couple marié sous le régime de la communauté légale ou un couple pacsé en régime indivis peut opter pour la forme « Entrepreneur individuel » avec un seul exploitant, simplification qui évite la signature multiple.

Bugs récurrents et contournements

L’interface INPI pour l’indivision n’est pas la plus stable. Les retours utilisateurs convergent sur trois bugs récurrents : impossibilité de valider quand les quotes-parts ne tombent pas pile à 100 %, écran de signature qui n’envoie pas la notification au co-indivisaire, et erreurs sur les noms d’usage versus noms de naissance. Le support INPI répond au 01 56 65 89 98 du lundi au vendredi de 9h à 17h. En cas de blocage durable, le greffe du tribunal de commerce du ressort peut prendre la main pour finaliser le dossier, retour partiel à l’ancien circuit. Le régime réel s’applique automatiquement aux LMNP en indivision, sans option possible pour le micro-BIC.

À retenir
Indivision = régime réel automatique. La règle vaut depuis la loi de finances 2017 et n’a pas été remise en cause. Aucun moyen d’opter pour le micro-BIC en indivision, même sous les seuils. Une comptabilité complète, avec amortissements et liasse 2031, est donc obligatoire dès le premier euro de loyer.

Sur l’INPI, l’erreur la plus chère ne se voit pas tout de suite : elle se déclenche quand le SIE applique le régime fiscal coché par défaut.

Après validation : ce qui arrive vraiment

L’attribution du SIREN ne ferme pas le dossier. Elle ouvre une chaîne de courriers et d’obligations qui s’étalent sur 4 à 6 semaines, et que la majorité des bailleurs traitent en retard. Trois échéances comptent particulièrement, et l’une d’elles peut générer une taxation d’office si elle est ignorée.

Le SIREN puis le SIRET

Sur la version actuelle du guichet unique, l’attribution du SIREN se fait en quelques jours, parfois quasi-instantanément. Le récapitulatif est téléchargeable directement depuis le tableau de bord INPI. L’avis de situation SIRENE de l’INSEE arrive ensuite par e-mail sous une à deux semaines. Il contient le SIREN à 9 chiffres, le SIRET à 14 chiffres et le code APE attribué. Conserver ce document, c’est la pièce maîtresse pour ouvrir un compte bancaire dédié, télétransmettre la liasse 2031 plus tard et justifier l’activité auprès de tout tiers. La procédure d’immatriculation LMNP au sens large couvre l’ensemble de cette chaîne SIRET, au-delà de la seule étape INPI.

Les courriers du SIE à traiter sans tarder

Dans les 2 à 4 semaines suivant l’attribution du SIREN, le Service des Impôts des Entreprises envoie 3 documents à l’adresse de correspondance. Le mémorandum fiscal contient la Référence d’Obligation Fiscale (ROF), indispensable pour la télétransmission EDI-TDFC de la liasse fiscale en cas d’option pour le réel. Le formulaire 751-SD est un questionnaire d’activité à compléter et renvoyer au SIE. Le formulaire 1447-C-SD déclenche la cotisation foncière des entreprises (CFE). Il doit revenir au SIE avant le 31 décembre de l’année de création, sous peine de taxation d’office. Ne pas le retourner ne supprime pas la CFE : l’administration recalcule simplement sur sa propre base, généralement défavorable au bailleur.

Et plus tard, ajouter un bien à l’activité ?

L’ajout d’un nouveau bien à une LMNP existante suppose une déclaration modificative sur le tableau de bord INPI, pas une nouvelle formalité de création. Le SIRET de l’établissement principal change si le nouveau bien devient le siège, sinon un SIRET secondaire est attribué pour le bien ajouté. La date d’inscription à l’actif détermine le démarrage de l’amortissement de ce bien. La procédure complète est détaillée dans notre guide déclarer un deuxième bien LMNP et l’ajout du SIRET, qui couvre les écrans concernés et les pièges spécifiques.

Pour gérer ensuite la liasse 2031 sans abonnement annuel à un comptable, Indy automatise la déclaration et la ventilation par composants ↗ à 30 €/mois, avec alertes pièges intégrées sur les courriers SIE.

Outil recommandé
Indy gère votre LMNP de l’INPI à la liasse 2031
30 jours offerts, sans engagement.
Tester →

Lien d’affiliation. Tarifs indiqués sur le site Indy.

Notre avis
4,5/5
L’INPI est une étape simple, mais quelques cases méritent une vraie attention
La déclaration prend 20 minutes, mais 4 cases sur 30 décident de la fiscalité des 10 années suivantes : régime fiscal, TVA, ACRE et qualification d’indivision. Bien remplies, elles n’auront jamais à être corrigées. Mal remplies, elles génèrent 6 à 18 mois de courriers avec le SIE et des coûts cachés en IR. La différence se joue à la simulation faite avant le formulaire, pas au formulaire en lui-même.
Données 2026 Sources : impots.gouv.fr Cas concrets chiffrés

Questions fréquentes

Combien de temps prend l’inscription LMNP sur l’INPI ?
Une vingtaine de minutes pour remplir le formulaire si les justificatifs sont prêts (pièce d’identité, justificatif de domicile, attestation de non-condamnation). Le SIREN est attribué en quelques jours, parfois quasi-instantanément depuis la dématérialisation complète. Compter ensuite 1 à 2 semaines pour l’avis SIRENE, puis 2 à 4 semaines pour les courriers du SIE (mémorandum fiscal, 751-SD, 1447-C-SD).
Que faire si je dépasse le délai de 15 jours ?
La régularisation reste possible, et fortement recommandée. L’administration peut refuser la déduction des charges antérieures à l’immatriculation et appliquer des majorations de 10 à 80 % en cas de contrôle. Effectuer la déclaration spontanément, même tardive, place le bailleur dans une régularisation volontaire et limite le risque de redressement. Plus le retard est court, plus le SIE accepte de revenir à la date d’effet réelle de l’activité.
Faut-il opter pour la TVA en LMNP ?
Non dans 95 % des cas. La location meublée d’habitation est exonérée de TVA par l’article 261 D 4° du CGI, et la franchise en base s’applique automatiquement. La TVA ne devient pertinente qu’en para-hôtellerie (3 des 4 services prestés : petit-déjeuner, ménage, linge, accueil) ou en résidence services. Cocher « réel simplifié » ou « réel normal » par erreur déclenche une obligation déclarative trimestrielle pénible à corriger.
Peut-on changer de régime fiscal après la déclaration INPI ?
Oui, par déclaration modificative ou courrier au SIE. Le passage du micro-BIC au réel se fait par option formelle adressée au SIE avant la date limite de la déclaration de revenus de l’année concernée. L’option engage pour 1 an minimum, reconductible tacitement. Le retour au micro-BIC suppose une dénonciation explicite. Les deux changements passent par le SIE, pas par l’INPI : ne pas modifier la formalité INPI initiale pour cette raison.
L’INPI demande-t-il des justificatifs ?
Oui, trois pièces standard sont à uploader avant signature : pièce d’identité (carte d’identité recto-verso, passeport ou titre de séjour valide), justificatif de domicile de moins de 3 mois (facture d’énergie, avis d’imposition), et attestation sur l’honneur de non-condamnation et de filiation. En indivision, chaque co-indivisaire fournit ses propres pièces. Les fichiers sont en PDF ou JPG, 2 Mo maximum chacun, et restent attachés au dossier sur le tableau de bord.

À lire aussi

La newsletter LMNP, deux fois par mois.
Le décryptage d’une actu fiscale, sans bruit. Désinscription en 1 clic.