Aller au contenu

Suppression des OGA et CGA en LMNP 2025 : ce qui change vraiment

Depuis le 16 février 2025, le cadre juridique des OGA et CGA a tout simplement disparu. L’article 11 de la loi de finances 2025 a abrogé les articles 1649 quater C à 1649 quater O du Code général des impôts. Dans le même mouvement, la réduction d’impôt de 915 € liée aux frais de comptabilité, prévue à l’article 199 quater B, a été supprimée. Cinquante ans après leur création en 1974, ces organismes n’ont plus de mission légale.

Pour le LMNP au régime réel, ce changement s’inscrit dans une refonte plus large qui retouche à peu près tout le statut. Avant d’agir, il vaut la peine de relire ce que recouvre exactement la réforme LMNP en cours, car la suppression des OGA n’est qu’un volet parmi plusieurs autres.

Concrètement, vos frais de comptable restent intégralement déductibles, votre cotisation OGA déjà versée pour 2025 aussi. Mais la réduction qui couvrait deux tiers de la note s’arrête définitivement aux revenus 2024. Reste à savoir si vous y perdez, si vous y gagnez, et s’il faut résilier dès maintenant.

Date d’effet
16/02 2025
Lendemain de la publication au JO de la loi 2025-127.
Réduction supprimée
– 915 €/an
Plafond de l’ancienne ristourne sur frais de compta.
Économie nette
+ 121 €/an
Profil TMI 30 % qui résilie son OGA.
Recommandation 2026
Indy fait votre liasse 2031 sans passer par un OGA.
Ventilation auto par composants, alertes pièges, support fiscaliste 7j/7. 30 €/mois directement déductibles, là où l’OGA ne sert plus à rien.
Tester 30 jours gratuits →

Lien d’affiliation. Tarifs indiqués sur le site Indy.

Ce que l’article 11 a supprimé, ce qu’il a laissé intact

La confusion la plus fréquente vient de mélanger deux dispositifs qui ont chacun leur histoire et leur propre date d’effet. La loi du 14 février 2025 a en réalité tranché deux choses différentes en un seul vote. Distinguer les deux change la lecture des conséquences pratiques.

Deux mesures distinctes que tout le monde confond

D’un côté, la loi abroge les articles 1649 quater C à 1649 quater O du CGI. Ce bloc encadrait l’agrément, les missions légales et les rapports avec l’administration des organismes de gestion agréés. Depuis le 16 février 2025, plus aucun OGA ne peut exercer de mission légale de prévention fiscale. Les agréments en cours, en théorie valides jusqu’à leur terme, ne produisent plus d’effet juridique selon la FAQ DGFiP du 1er avril 2025.

De l’autre côté, l’article 199 quater B du CGI est lui aussi supprimé. C’est lui qui ouvrait la réduction d’impôt égale aux deux tiers des frais de comptabilité, dans la limite de 915 € par an. Cette réduction concernait les LMNP au réel adhérents à un OGA, à condition que leurs recettes restent sous le seuil micro-BIC, soit 77 700 €.

La nuance importe : le premier dispositif tue l’OGA en tant qu’institution agréée, le second supprime votre incitation fiscale à y adhérer. Ce sont deux briques séparées du même article 11, votées ensemble mais conceptuellement distinctes.

À retenir
Les OGA, constitués sous forme d’associations loi 1901, peuvent continuer d’exister juridiquement. Mais ils doivent modifier leur objet social et leur dénomination dans un délai d’un an après l’expiration de leur agrément. Beaucoup pivotent vers l’examen de conformité fiscale (ECF), seul vestige de leur ancien rôle.

Un calendrier en deux temps

L’érosion s’est étalée sur cinq ans. La majoration de 25 % du bénéfice imposable pour les non-adhérents avait déjà été progressivement neutralisée par la loi de finances 2021 : 20 % en 2020, 15 % en 2021, 10 % en 2022, puis 0 % à compter des revenus 2023. Cette majoration était l’argument historique des OGA depuis leur création par la loi du 27 décembre 1974. Une fois disparue, seule la réduction d’impôt de 915 € justifiait encore l’adhésion.

Avec la loi 2025-127 du 14 février 2025, c’est le second pilier qui tombe. La réduction d’impôt s’applique pour la dernière fois aux exercices clos au 31 décembre 2024, déclarés au printemps 2025. Pour les revenus 2025, elle n’existe plus. La date charnière reste le 16 février 2025, lendemain de la publication au Journal officiel. Cette mesure s’inscrit dans le mouvement plus large de resserrement du régime, dont fait partie la loi Le Meur qui touche aussi le saisonnier classé et l’amortissement à la revente.

Le calcul net : combien vous gagnez ou vous perdez

La question utile n’est pas « est-ce une mauvaise nouvelle ». C’est : combien d’euros vous coûte vraiment le passage de l’ancien régime au nouveau. La réponse dépend de votre tranche marginale et du montant exact de vos frais. Le résultat surprend une bonne partie des LMNP au réel.

L’ancien système jusqu’aux revenus 2024

Imaginons un loueur en TMI 30 %, avec 1 000 € de frais annuels (700 € de comptable et 300 € d’OGA). Sous l’ancien régime, deux mécanismes se cumulaient. La réduction d’impôt couvrait deux tiers de ces 1 000 €, soit 667 €, plafonnés à 915 €. Le tiers restant, soit 333 €, était déductible des revenus locatifs en charge.

Mais une subtilité oubliée : la fraction couverte par la réduction (les 667 €) devait être réintégrée dans le bénéfice imposable, au titre de l’article 39, 7 du CGI. Vous gagniez donc 667 € de réduction directe sur l’impôt, vous économisiez environ 47,2 % sur les 333 € restants (TMI 30 % plus 17,2 % de prélèvements sociaux), mais vous repayiez 47,2 % d’IR et de PS sur les 667 € réintégrés. Coût net réel de la comptabilité : autour de 491 € sur les 1 000 € engagés.

Le nouveau système depuis les revenus 2025

Depuis 2025, le mécanisme se simplifie radicalement. Vos 1 000 € de frais (qui peuvent désormais ne plus inclure les 300 € d’OGA si vous résiliez) deviennent intégralement déductibles, sans réintégration et sans plafond. Plus de réduction d’impôt, plus de double comptabilisation, plus de case 7FF à remplir.

Si vous gardez le même budget de 1 000 € (700 € de comptable et 300 € d’OGA toujours payé), votre économie totale atteint 472 €. Coût net : 528 €, contre 491 € auparavant. Vous perdez environ 37 € par an. Si vous résiliez l’OGA, vos frais tombent à 700 €. Économie totale : 330 €. Coût net : 370 €. Vous gagnez 121 € par an par rapport à l’ancien système. Le verdict change avec un seul levier : la résiliation. Le tableau ci-dessous synthétise ces écarts par TMI.

TMI du foyer Coût net ancien Coût net nouveau Écart annuel
11 % – 427 € – 503 € – 76 €
30 % – 491 € – 370 € + 121 €
41 % – 527 € – 293 € + 234 €
45 % – 540 € – 265 € + 275 €
Hypothèses : 1 000 € de frais (compta + OGA), 700 € si résiliation, recettes < 77 700 €.

Pour qui c’est neutre, pour qui c’est gagnant

Le résultat dépend de trois variables : votre tranche marginale, le montant absolu de vos frais, et votre décision de résilier ou non l’adhésion. Trois profils types se dégagent, du gagnant clair à celui pour qui la réforme ne change strictement rien à la note finale.

TMI 30 % et au-delà : vous y gagnez

Pour les bailleurs en tranche à 30 %, 41 % ou 45 %, le passage au nouveau système est favorable dès lors que vous résiliez votre OGA. La déduction directe sur le bénéfice fait économiser un pourcentage élevé, qui combiné à la suppression de la cotisation produit un gain net annuel compris entre 120 € et 275 €. Plus la TMI est haute, plus le levier de la déduction est puissant face à l’ancienne réduction plafonnée à 915 €. C’est aussi la population la plus susceptible d’avoir des frais comptables élevés, donc le gain absolu monte vite. Un LMNP en TMI 41 % avec deux biens et 1 200 € de frais peut économiser près de 300 € par an grâce à la combinaison déduction totale et fin de cotisation OGA.

TMI 11 % : effet légèrement défavorable

À 11 % d’IR, plus 17,2 % de prélèvements sociaux, le taux de pression marginal n’atteint que 28,2 %. La déduction directe en charge produit donc une économie modérée : sur 700 € après résiliation, le gain fiscal net est de 197 €. L’ancien système, avec sa réduction d’impôt directe aux deux tiers, sortait mieux malgré la réintégration. Vous perdez environ 76 € par an. Sans être douloureuse, la réforme est pour ces profils budgétairement défavorable. En contrepartie : plus de case 7FF, plus de calcul de réintégration, plus de fraction couverte à isoler. Le formulaire 2042-C-PRO devient lisible sans interprète.

Loueur au réel de plein droit : aucun changement

Cas particulier : si votre chiffre d’affaires LMNP dépasse 77 700 € par an (ou 15 000 € pour le saisonnier non classé depuis la loi Le Meur), vous êtes au réel de plein droit, pas par option. Vous n’avez jamais été éligible à la réduction de l’article 199 quater B, qui supposait un CA inférieur au seuil micro. Pour vous, l’OGA n’apportait que la prévention fiscale et la non-majoration de 25 %, deux avantages déjà disparus depuis 2023. La suppression de 2025 est strictement neutre. Seule action utile : résilier sans regret, car la cotisation représentait depuis longtemps un coût sec sans contrepartie fiscale.

Faut-il résilier son OGA en 2025 ?

La réponse dépend de ce que vous attendiez de l’adhésion. Pour la quasi-totalité des LMNP au réel, l’arbitrage est devenu trivial. Reste une zone grise pour les profils à patrimoine multi-biens ou en activité commerciale annexe. La procédure technique, elle, prend dix minutes.

Attention
Si vous avez déjà payé votre cotisation 2025, elle reste déductible en charge sur la liasse 2031 mais n’ouvre plus aucune réduction d’impôt. Aucun remboursement n’est dû d’office par l’OGA, sauf clause statutaire spécifique. Demandez-le explicitement par écrit lors de votre courrier de résiliation.

Le seul cas où l’adhésion garde un sens

L’OGA, ou plutôt l’association issue de sa transformation post-février 2025, peut encore proposer un examen de conformité fiscale (ECF). Cet ECF, défini par le décret du 13 janvier 2021, est indépendant des missions légales abrogées et continue d’exister sous condition. Il offre un audit ciblé de la liasse, dépose une mention sur la déclaration et limite les pénalités en cas de contrôle. Le coût se rapproche désormais d’une prestation commerciale classique, autour de 200 à 500 € par dossier.

Pour un LMNP avec deux ou trois biens, des amortissements complexes, du déficit reportable et un risque réel de redressement, payer cet ECF peut faire sens. Pour un loueur d’un studio étudiant avec 8 000 € de loyers annuels, la dépense devient injustifiable. Le seuil de bascule se situe autour de cinq biens, ou en présence d’événements à fort impact (revente, démembrement, intégration en SCI à l’IS).

La procédure de résiliation, simple

Aucun préavis légal ne s’impose, puisque le cadre qui le prévoyait a été abrogé. Une lettre recommandée avec accusé de réception adressée au siège de votre OGA suffit. Mentionnez vos références d’adhérent, citez l’article 11 de la loi 2025-127 du 14 février 2025 comme motif, demandez confirmation écrite et, le cas échéant, le remboursement de la fraction non utilisée de la cotisation 2025.

Attention à la reconduction tacite : beaucoup d’OGA renouvellent automatiquement l’adhésion au 1er janvier. Si vous laissez passer la date butoir prévue au contrat, vous repayez 2026 pour rien. Pour gagner du temps sur la liasse, le calcul automatisé d’Indy ↗ intègre directement vos frais déductibles dans la 2031, sans passer par un OGA.

La déclaration 2042-C-PRO ne ressemble plus à 2024

Bonne surprise pour les bailleurs autonomes : la déclaration des revenus 2025 a perdu plusieurs cases au passage. La distinction entre adhérent et non-adhérent disparaît. Le formulaire devient sensiblement plus court et plus simple à remplir.

Erreur fréquente
Reporter son bénéfice dans une case 5KI, 5NK ou 5NZ qui n’existe plus : refus de saisie ou bug de pré-remplissage. Si l’an dernier vous remplissiez l’une de ces cases, basculez désormais sur 5KC (bénéfice BIC réel) ou 5NA (LMNP réel), sans variante adhérent ou non-adhérent.

Les anciennes cases adhérent / non-adhérent fusionnées

Les cases 5KI, 5LI, 5MI (bénéfice BIC réel non-adhérent), 5KL, 5LL, 5ML (déficit BIC réel non-adhérent), 5NK, 5NZ, 5KM côté LMNP, ont disparu de la déclaration au titre des revenus 2025. Elles existaient pour matérialiser la majoration historique de 25 %, qui n’est plus appliquée depuis 2023. Désormais, qu’on ait adhéré ou non à un OGA, on déclare son bénéfice ou son déficit dans les seules cases 5KC, 5LC, 5MC pour le résultat positif, 5KF, 5LF, 5MF pour le déficit. Côté LMNP au réel, les cases 5NA, 5NB, 5NS deviennent les boîtes uniques. Si vous remplissiez une 5NK l’année dernière, ne la cherchez plus.

La case 7FF n’apparaît plus

C’est le changement le plus visible. La case 7FF, qui servait à déclarer les frais de comptabilité ouvrant droit à la réduction de 915 €, a été retirée du formulaire 2042 pour les revenus 2025. Idem pour la case 7FG indiquant le nombre d’exploitations concernées. Plus rien à reporter à la main. Vos frais de comptabilité passent désormais en charge sur la liasse 2031 (puis 2033-B), exactement comme un loyer ou une assurance, sans formalité spécifique. La simplification est nette pour ceux qui font leur déclaration sans assistance.

Liasse 2031 sans OGA
Indy remplit votre 2031, votre 2033 et votre 2042-C-PRO automatiquement.
Plus besoin d’OGA, plus besoin de comptable à 800 €. Frais 100 % déductibles, ventilation des amortissements par composants intégrée. 30 €/mois, 30 jours offerts.
Lancer ma déclaration →

Lien d’affiliation. Tarifs indiqués sur le site Indy.

Notre verdict
4,5/5
Résiliez sauf si vous payez un ECF utile.
Pour 90 % des LMNP au réel, l’OGA n’apporte plus rien depuis le 16 février 2025. La réduction d’impôt est morte, la majoration de 25 % aussi, le contrôle formel sans valeur juridique. Résilier dégage entre 150 et 350 € par an de cotisation, et la déduction directe des frais de comptable produit une économie nette supérieure à l’ancien système dès 30 % de TMI. Seule exception : un ECF acheté en pleine conscience, pour un patrimoine multi-biens ou un montage complexe.
Sources DGFiP Avis indépendant Cas chiffrés par TMI

Questions fréquentes

Dois-je résilier mon OGA pour les revenus 2025 ?
Oui, sauf cas exceptionnel. La réduction d’impôt qui justifiait l’adhésion est supprimée depuis le 16 février 2025. Les missions légales aussi. Garder une cotisation de 150 à 350 € pour un service vidé de sa substance fiscale n’a plus de sens. Seule exception : si vous achetez un examen de conformité fiscale (ECF) auprès de l’association issue de l’OGA, dans un contexte patrimonial complexe. Sinon, lettre recommandée et fin du sujet.
J’ai déjà payé ma cotisation OGA 2025, que faire ?
La cotisation reste une charge déductible de vos revenus locatifs au régime réel. Vous récupérez donc une partie en réduction de votre bénéfice imposable. En revanche, plus aucune réduction d’impôt directe ne s’y applique. Vous pouvez demander le remboursement de la fraction non utilisée par courrier recommandé, mais l’OGA n’est pas légalement tenu de l’accorder, sauf clause spécifique de ses statuts.
Les frais de comptabilité restent-ils déductibles sans OGA ?
Oui, intégralement. Au régime réel, les honoraires d’expert-comptable, les abonnements à un logiciel comme Indy ou JD2M, et même la cotisation OGA si vous l’avez maintenue passent en charge sur la liasse 2031, puis 2033-B. Aucun plafond, aucune réintégration. La règle générale du BIC s’applique : toute dépense engagée dans l’intérêt de l’activité est déductible.
Les OGA existent-ils encore juridiquement ?
Les OGA, sous forme d’associations loi 1901, peuvent continuer d’exister mais sans aucune mission légale agréée par l’administration. À l’expiration de leur agrément, ils ont un an pour modifier leur objet social et leur dénomination. Beaucoup pivotent vers des prestations commerciales privées : ECF payant, formation comptable, accompagnement à la déclaration. Leur statut fiscal d’organisme agréé, lui, n’existe plus depuis le 16 février 2025.
Quelles cases remplir sur la 2042-C-PRO 2026 ?
Pour un LMNP au réel, le bénéfice se déclare en 5NA (déclarant 1), 5NB (déclarant 2) ou 5NS (personne à charge). En cas de déficit, c’est 5GA, 5GB, 5GC. Les anciennes cases adhérent OGA (5KC) et non-adhérent (5NK, 5NZ) sont fusionnées. La case 7FF n’apparaît plus. Si le formulaire pré-rempli affiche encore une ancienne case, c’est un bug de migration : signalez-le à votre service des impôts.

À lire aussi

La newsletter LMNP, deux fois par mois.
Le décryptage d’une actu fiscale, sans bruit. Désinscription en 1 clic.