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Contrat de location meublée : modèle et mentions 2026

Le contrat type du bail meublé a été réécrit le 6 juillet 2026. Le nouveau modèle s’impose à tout bail conclu ou renouvelé à partir du 1er octobre. Un contrat signé le 30 septembre reste parfaitement valable. Le même contrat signé trois jours plus tard, sur un modèle daté, prête le flanc à la contestation. Or la plupart des modèles Word gratuits qui circulent aujourd’hui reproduisent encore une clause périmée depuis trois ans.

Ce document n’est pas une formalité de classeur. C’est la première pièce du dossier le jour où un loyer n’arrive pas, et la preuve du caractère meublé si l’administration fiscale regarde vos recettes de plus près. Il occupe une place centrale dans la gestion locative LMNP, au même titre que l’état des lieux ou la quittance.

Les mentions à reprendre, les annexes qui pèsent devant un juge et les trois durées possibles obéissent à des règles précises. Une erreur sur l’une d’elles ne coûte pas une amende. Elle coûte le régime BIC et l’amortissement qui va avec.

Nouveau contrat type
1er oct. 2026
Baux conclus ou renouvelés à partir de cette date.
Clause résolutoire
6 semaines
Au lieu de 2 mois, après commandement de payer.
Mobilier imposé
11 catégories
Décret 2015-981. Un seul manque suffit.
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Le contrat type change au 1er octobre 2026

Le décret n° 2026-596 du 6 juillet 2026, publié au Journal officiel du 7 juillet, modifie le décret n° 2015-587 qui fixe les contrats types depuis la loi ALUR. Trois modèles sont concernés : location nue, location meublée et colocation à bail unique. Aucune condition de zone, de surface ou de régime fiscal ne limite son application.

La clause résolutoire tombe à six semaines

La partie du contrat consacrée à la clause résolutoire est intégralement réécrite. Le bail est désormais résilié de plein droit en cas de défaut de paiement du loyer, de défaut de paiement des charges, ou de non-versement du dépôt de garantie. Cette dernière hypothèse est une nouveauté : elle vise le locataire qui n’a jamais réglé la somme prévue à son entrée dans les lieux.

La clause ne joue qu’à l’expiration d’un délai de six semaines suivant un commandement de payer resté sans effet. Auparavant, le modèle officiel affichait deux mois. La loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023 avait pourtant déjà raccourci ce délai, sans que le contrat type suive. Trois ans de décalage viennent donc de se refermer.

Attention au sens exact de la formule. Une résiliation de plein droit n’autorise jamais à reprendre les clés. Il faut ensuite saisir le juge des contentieux de la protection, obtenir une décision, la faire signifier, puis délivrer un commandement de quitter les lieux. Les six semaines ouvrent la procédure, elles ne la remplacent pas.

Attention
Pour un bail signé entre le 29 juillet 2023 et le 30 septembre 2026, le délai à viser dépend de la clause réellement écrite au contrat, pas du texte actuel de la loi. La Cour de cassation l’a confirmé dans son avis du 13 juin 2024 (n° 24-70.002) : une loi nouvelle ne réécrit pas d’elle-même une clause déjà signée. En cas de doute, retenez le délai le plus long.

Assurance, voisinage, Airbnb : les clauses facultatives

À côté de la clause obligatoire, le modèle en propose trois autres, optionnelles, aux régimes distincts. Le défaut d’assurance des risques locatifs produit effet un mois après un commandement infructueux. Les troubles de voisinage exigent une décision de justice devenue définitive : une main courante ou des courriels du syndic ne suffisent pas à déclencher quoi que ce soit.

La troisième est nouvelle. Elle vise la servitude de résidence principale créée par la loi Le Meur du 19 novembre 2024, à l’article L151-14-1 du code de l’urbanisme. Une commune en zone tendue peut délimiter dans son plan local d’urbanisme des secteurs où toute construction neuve reste affectée à la résidence principale. Le maire dispose alors d’une astreinte pouvant atteindre 1 000 € par jour.

Trois conditions cumulatives limitent sa portée : délibération de la commune, modification effective du PLU, logement constituant une construction nouvelle dans le secteur visé. Autrement dit, cette clause ne réglera pas le cas du locataire qui sous-loue votre studio ancien à la nuitée. Le contrat type accueille enfin, à titre facultatif, le numéro de portable de chaque partie.

Les mentions que le modèle rend obligatoires

Le contrat type n’est pas une suggestion de rédaction. Son ossature s’impose, et chaque rubrique laissée vide fragilise le bailleur au moment précis où il aura besoin du document. Deux blocs méritent une relecture attentive avant signature.

Parties, logement, loyer : le socle du contrat

Le bail nomme le bailleur et le locataire avec leurs coordonnées complètes. Pour une SCI, il faut la dénomination sociale, le siège et l’identité du gérant. Vient ensuite la description du logement : adresse, type d’habitat, régime juridique, période de construction, nombre de pièces principales, équipements privatifs et parties communes accessibles.

La surface habitable se mesure au sens de la loi du 6 juillet 1989 et figure obligatoirement au contrat. Le bloc financier suit : loyer hors charges, modalités de paiement, date et indice de référence pour la révision, dépôt de garantie, et traitement des charges. En meublé, vous choisissez entre provisions avec régularisation annuelle et forfait, ce second mode restant propre à ce type de bail.

En zone tendue, ajoutez le loyer du précédent locataire et la date de sa dernière révision. Dans une commune sous encadrement, le loyer de référence et le loyer de référence majoré deviennent obligatoires, tout comme le motif d’un éventuel complément de loyer. Leur oubli ouvre au locataire une action en diminution du loyer.

Ces montants inscrits au bail deviennent ensuite la base de vos recettes déclarées en BIC, ce qui rend la cohérence entre contrat et comptabilité assez sensible. Sur ce point, la synchronisation bancaire d’Indy ↗ rapproche automatiquement les loyers encaissés du montant prévu au contrat.

Les deux mentions ajoutées depuis 2024

Le décret n° 2023-796 du 18 août 2023 a glissé deux obligations que beaucoup de bailleurs découvrent tardivement. Depuis le 1er janvier 2024, tout nouveau bail mentionne l’identifiant fiscal du logement, ce numéro à douze chiffres que vous retrouvez dans l’espace « Gérer mes biens immobiliers » sur impots.gouv.fr.

Depuis le 1er janvier 2025, la classe du diagnostic de performance énergétique doit apparaître dans le corps du contrat, en plus de l’annexion du DPE lui-même. Cette mention n’a rien d’anecdotique : elle matérialise le calendrier de décence énergétique. Les logements classés G sont écartés de la location depuis 2025, les F le seront en 2028, les E en 2034 en métropole.

À retenir
Un modèle de bail meublé qui ne prévoit ni case « identifiant fiscal », ni case « classe DPE » date d’avant 2024. Il ne comportera donc pas non plus la clause résolutoire à six semaines. C’est le test le plus rapide pour repérer un modèle obsolète en dix secondes.

Les annexes qui prouvent le caractère meublé

Un bail meublé sans ses annexes reste un bail, mais un bail difficile à défendre. Ces pièces jointes portent l’essentiel de la preuve : elles établissent que le logement méritait bien la qualification de meublé au jour de l’entrée dans les lieux.

L’inventaire du mobilier n’est pas l’état des lieux

Le décret n° 2015-981 du 31 juillet 2015 fixe onze catégories d’équipements. Literie avec couette ou couverture, dispositif d’occultation des fenêtres dans les chambres, plaques de cuisson, four ou four à micro-ondes, réfrigérateur et congélateur ou compartiment à moins de 6 °C. S’y ajoutent la vaisselle nécessaire aux repas, les ustensiles de cuisine, une table et des sièges, des étagères de rangement, des luminaires, et un matériel d’entretien adapté au sol du logement.

L’inventaire liste chaque meuble avec son état, il est signé par les deux parties, et il constitue un document distinct de l’état des lieux de location meublée. Ce dernier décrit les murs, les sols et les équipements fixes. Confondre les deux revient à se présenter sans preuve le jour où un locataire soutient que le studio était à peu près vide.

Erreur fréquente
Annexer une liste de meubles non signée, ou la fondre dans l’état des lieux. Sans inventaire contradictoire daté, aucune retenue sur le dépôt de garantie ne tient, et la qualification de meublé devient contestable. Photographiez chaque pièce le jour de la remise des clés et datez les clichés.

Diagnostics, notice et acte de caution

Le dossier de diagnostic technique accompagne le bail : DPE en cours de validité, état des risques et pollutions, constat de risque d’exposition au plomb pour un immeuble antérieur à 1949, diagnostics électricité et gaz pour une installation de plus de quinze ans. Le détail des durées de validité figure dans notre page sur les diagnostics obligatoires en LMNP.

Trois autres pièces complètent le paquet. La notice d’information sur les droits et obligations des parties, fixée par arrêté. L’extrait du règlement de copropriété portant sur la destination de l’immeuble et la jouissance des parties communes. Enfin l’acte de cautionnement, quand un garant intervient, avec ses mentions manuscrites que la signature électronique peut désormais reproduire numériquement.

Un an, neuf mois, dix mois : trois contrats distincts

Le meublé de résidence principale se décline en trois formules. Le choix ne relève pas du confort rédactionnel : il verrouille la durée, la reconduction, le dépôt de garantie et les conditions de sortie pour toute la durée du bail.

Type de bail Durée Reconduction Dépôt de garantie Préavis locataire
Meublé classique 1 an Tacite 2 mois HC max 1 mois
Bail étudiant 9 mois Aucune 2 mois HC max 1 mois
Bail mobilité 1 à 10 mois Aucune Interdit 1 mois

Le bail d’un an et sa variante étudiante

Le bail meublé classique dure un an et se reconduit tacitement aux mêmes conditions. Le locataire part quand il veut, avec un mois de préavis, sans avoir à motiver son départ. Le bailleur, lui, ne peut donner congé que pour l’échéance, trois mois avant, et seulement pour reprise, vente ou motif légitime et sérieux.

La version de neuf mois réservée aux étudiants supprime la reconduction tacite. Le contrat prend fin automatiquement à son terme, sans congé de part ni d’autre. Cette formule colle au calendrier universitaire de septembre à juin, mais elle laisse trois mois de vacance à combler, souvent par de la courte durée estivale.

Le motif justifiant le bail étudiant doit apparaître au contrat, tout comme celui du bail mobilité. Un bail de neuf mois signé à un salarié en CDI, sans justificatif de scolarité, se requalifie sans difficulté en bail d’un an classique.

Le type de bail n’est pas une préférence de bailleur. C’est une condition d’éligibilité que le locataire doit remplir au jour de la signature.

Bail mobilité, dépôt de garantie et révision

Créé par la loi ELAN, le bail mobilité en LMNP court de un à dix mois, sans reconduction ni renouvellement. Il vise un public précis : formation professionnelle, études supérieures, apprentissage, stage, service civique, mutation ou mission temporaire. Aucun dépôt de garantie ne peut être demandé, ce que la garantie Visale compense en partie.

Sur les deux autres baux, le dépôt plafonne à deux mois de loyer hors charges et reste figé pendant toute l’exécution du contrat. La restitution intervient dans un mois si l’état des lieux de sortie est conforme à celui d’entrée, deux mois dans le cas contraire.

La révision annuelle n’a rien d’automatique. Sans clause expresse au bail, le loyer reste figé jusqu’au renouvellement. Avec une clause, l’augmentation suit strictement l’indice de référence des loyers, selon les règles détaillées dans notre page sur l’augmentation du loyer en meublé et l’IRL.

L’erreur de contrat qui fait tomber le régime BIC

Un bail mal qualifié ne produit pas seulement des effets civils. Il ouvre une seconde brèche, fiscale celle-là, que la plupart des modèles gratuits ne mentionnent jamais. C’est pourtant là que se joue l’essentiel de la note.

Requalification civile, addition fiscale

Devant le juge, un mobilier insuffisant pour permettre au locataire de vivre avec ses seuls effets personnels entraîne la requalification en location nue. Le bail passe à trois ans, le dépôt de garantie est ramené à un mois, le préavis du bailleur s’allonge à six mois. Le locataire peut réclamer le trop-perçu correspondant.

La suite est plus coûteuse. Les loyers ne relèvent plus des bénéfices industriels et commerciaux mais des revenus fonciers, régime qui ignore l’amortissement. Or l’amortissement porte l’essentiel de l’économie d’impôt au réel : un résultat maintenu à zéro pendant dix ans redevient pleinement imposable, avec un rappel possible sur les trois derniers exercices et des majorations en cas de manquement délibéré.

Notez que ces deux requalifications sont indépendantes. L’administration fiscale n’a pas besoin d’un jugement civil préalable pour contester le caractère meublé de votre location. Un contrôle sur pièces, un contrat bancal et un inventaire absent lui suffisent. Pour sécuriser la déclaration qui découle du bail, Indy génère la liasse 2031 complète ↗ et signale les incohérences avant l’envoi.

Les clauses réputées non écrites

Seuls quatre motifs peuvent fonder une clause résolutoire en meublé : loyer impayé, charges impayées, dépôt de garantie non versé, et troubles de voisinage constatés par une décision définitive. Toute autre clause résolutoire glissée au contrat est nulle, y compris celle qui sanctionnerait un animal de compagnie.

La loi de 1989 neutralise également d’autres stipulations courantes : imposer un assureur, exiger le prélèvement automatique comme unique mode de paiement, interdire l’hébergement de proches, facturer l’envoi des quittances. Une clause réputée non écrite ne fait pas tomber le bail. Elle disparaît simplement, souvent au pire moment, quand le bailleur comptait dessus.

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Notre avis
4,5/5
Un modèle daté coûte plus cher qu’une heure de relecture.
Le bail ne protège pas de l’impayé ni du litige. Il décide seulement de la vitesse à laquelle vous les traiterez, et de la solidité de votre régime BIC face à un contrôle. À partir du 1er octobre 2026, reprenez le contrat type actualisé, annexez un inventaire signé, et gardez la version renouvelée de votre modèle au même endroit que vos diagnostics.
Décret 2026-596 Sources Légifrance À jour au 1er octobre 2026

Questions fréquentes

Faut-il refaire les baux meublés en cours après le 1er octobre 2026 ?
Non. Le décret vise les contrats conclus ou renouvelés à compter de cette date, sans effet rétroactif. Un bail signé en 2024 qui se poursuit par tacite reconduction n’a pas à être réécrit. En revanche, le sort des baux tacitement reconduits après l’entrée en vigueur de la loi de 2023 reste discuté. Relisez la clause résolutoire de vos contrats en cours : c’est elle, et non le texte actuel de la loi, qui déterminera le délai à viser dans un éventuel commandement de payer.
Un bail meublé signé électroniquement est-il valable ?
Oui, à condition d’utiliser un dispositif de signature électronique conforme au règlement eIDAS. Les mentions manuscrites de l’acte de cautionnement peuvent être apposées numériquement depuis 2022. Chaque partie conserve un exemplaire signé, caution comprise. Point pratique : l’état des lieux se prête mal à la signature à distance, puisqu’il se remplit sur place le jour de la remise des clés. Prévoyez une application dédiée ou un exemplaire papier signé sur site.
Le bail meublé doit-il être enregistré ou déclaré à l’administration ?
Le contrat lui-même n’est soumis à aucun enregistrement. En revanche, l’activité de loueur en meublé se déclare au guichet unique des formalités des entreprises, dans les quinze jours suivant le début de la location. Cette formalité déclenche l’attribution du numéro SIRET, indispensable pour déposer ensuite une liasse 2031. Ne confondez pas les deux calendriers : le bail commence à la remise des clés, la déclaration d’activité suit dans la quinzaine.
Peut-on ajouter des meubles au-delà de la liste réglementaire ?
Rien ne l’interdit, et c’est même recommandé pour justifier un loyer supérieur. Les onze catégories du décret de 2015 constituent un plancher, pas un plafond. Chaque élément supplémentaire figure alors à l’inventaire avec son état. Attention toutefois : tout ce que vous listez, vous devez l’entretenir et le remplacer en cas d’usure normale. Un lave-vaisselle inscrit à l’inventaire devient une obligation contractuelle, pas un simple geste commercial.
Que risque un bailleur qui utilise l’ancien modèle après le 1er octobre 2026 ?
Le bail ne devient pas nul pour autant. Le risque se situe ailleurs : perte du bénéfice de certaines clauses, contestation sur le calcul des délais en cas de procédure, et fragilisation d’une assurance loyers impayés dont la garantie suppose souvent un contrat conforme. Le coût d’un modèle périmé ne se mesure donc pas au jour de la signature, mais deux ans plus tard, quand un dossier d’impayé achoppe sur un vice de forme.

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